NOSTALGIE D'UN PERIPLE EN VELO (année 1979)


Désolée pour la mauvaise qualité des photos qui tient au fait qu'à cette époque nous ne connaissions pas encore les appareils photos numériques ni les smartphone ou iphones et que j'ai numérisé nos photos papier
Et nous utilisons donc des cartes routières sur papier également
E
t si je peux raconter cette aventure aujourd'hui c'est parce que j'avais tenu un "journal de bord" dont j'ai retrouvé des fragments... et surtout que j'ai une excellente mémoire ^^

Donc cette année là, nous sommes des trentenaires pleins d'idées et de projets et nous ne sommes pas partis en vacances depuis huit ans car nous avions fait le choix de privilégier d'abord d'avoir un toit bien à nous (ne rêvez pas, nous n'avons jamais été millionnaires, c'était 20 ans de crédits sur le dos et nous n'avions que nos salaires très moyens pout toute fortune...)

Nous avions commencé mon mari et moi à faire dans notre région de Seine et Marne depuis un ou deux ans du cyclotourisme avec des vélos Motobécane en acier 10 vitesses, sur le mien j'ai fait installer une selle de mobylette ^^ et là dans la folie de nos jeunes années nous décidons de faire un périple entièrement en vélo depuis notre domicile jusqu'à Beaune où nous resterons plusieurs jours, en faisant une boucle pour ne pas faire le même trajet à l'aller et au retour

Là : très gros dilemne... Notre fille a 4 ans
Allons-nous ll'emmener avec nous ? (mais comment... quid de la météo... quid de la logistique...quid de son confort... et en cas d'accident... etc, compliqué)...
Allons-nous ne pas l'emmener avec nous ? La nounou est en vacances à pa même période que nous et la mamie travaille pendant cette période

Option choisie vu tous les risques éventuels : ne pas l'emmener avec nous...
Un vrai crève-coeur pour moi qui trouve déjà qu'à cause de mon travail je ne peux pas m'occuper d'elle autant que je le voudrais... mais c'est bien plus raisonnable... Elle ira donc en gîte à la ferme (et cela lui plaira tellement qu'elle demandera à y retourner l'année d'après... Pourquoi je me fais autant de souci ?) Je profiterai quand même de chaque étape pour lui envoyer un mot, une carte postale, une bricole... avec tout de même un chouia de culpabilité au fond du coeur, toutes les mamans me comprendront

J'assure avec d'autres parents le convoyage des enfants jusqu'à leur lieu d'accueil, le train a beaucoup de retard, ensuite il faut prendre un car, les enfants ont faim, certains sont malades dans le car, nous avons une heure au moins de retard à l'arrivée et je n'ai même pas le temps de dire au revoir à ma fille, happée par la personne qui la reçoit... Dur pour une jeune maman qui s'inquiète ! Au retour j'en ai gros sur le coeur mais bref, ce qui est fait est fait

La veille du départ, nos voisins maghrébins célèbrent un mariage traditionnel chez eux avec la musique, les costumes, les chants, les yous-yous et tout et tout... Et ce sera bien la première fois depuis cinq ans qu'ils nous préviendont qu'il va y avoir du bruit alors qu'ils en font quasiment toutes les nuits, humpffffff
Hé ! On se lève à 6 heures du matin nous ! Enfin bon d'une certaine façon c'est déjà une sorte de voyage...

Enfin le lendemain par un beau matin de juillet 1979 à 6 heures pétantes, nous partons à trois, mon mari, moi et un jeune copain de 18 ans que l'aventure tente aussi
Mon mari transporte son matériel de radio-amateur qui ne passe pas inaperçu : antennes à l'avant et à l'arrière,, micro et récepteur sur le guidon...batteries dans les sacoches plus diverses bricoles... il doit bien traîner un poids d'environ 120 kgs lui compris (mais non il n'est pas gros voyons ! C'est le matériel qui pèse lourd enfin ! LOL) Etait-il un précurseur des streamers de voyage IRL ? (ceux qui savent comprendront ^^)


Bon ok cette photo date de quelques années plus tard mais c'est le même "zhom", le même vélo avec le même équipement
Et là il n'était pas peu fier de venir de monter une côte à quasiment 10% sans mettre pied à terre (alors que moi... LOL)

Moi j'ai le reste des bagages, vêtements de rechange, tenues pour la nuit, sous-vêtements, trousses de toilettes etc... Nous avons décidé de ne pas faire de camping, un peu trop compliqué à organiser et nous aurions trop de bagages/poids à traîner, nous avons déjà minimisé au maximum ce qu'on pouvait emporter
J'avais réservé très à l'avance des hôtels, quelle erreur... Mais dites-vous qu'à l'époque il n'y avait pas de plates-formes de réservation en ligne... J'dis ça, j'dis rien !

PREMIERE ETAPE

Depuis notre domicile en nord Seine et Marne nous partons vers Provins, environ 80 kms à parcourir sur la journée, ça va
Je trouve quand même le moyen de faire un magnifique soleil par dessus mon guidon en voulant vérifier l'attache de ma pédale en roulant,FAUT JAMAIS FAIRE CA !
Bref plus de peur que de mal, même pas une roue voilée, par contre mon auriculaire droit restera complètement insensible pendant un an... Pas gênant

Nous arrivons assez tôt pour visiter un peu la ville, incontournable, la Tour de César, avec ma phobie du vide moi je ne monte pas là dedans hein !

Nous arrivons à notre hôtel situé en face d'une caserne militaire... l'ambiance est un peu bizarre...
Nous ne sommes pas mal accueillis mais les patrons n'ont pas l'air à leur aise... Niveau restaurant il n'y a guère de choix
Les chambres sont vieillottes et un peu, comment dire ? Fanées ? Avec un lit pas super confortable mais nous sommes un peu hs après ces premiers 80 ms, on ne va pas faire la fine bouche et en définitive on va dormir comme des bébés

DEUXIEME ETAPE

Là il manque un bout de mon journal de bord et j'avoue j'ai aussi un trou de mémoire, impossible de me souvenir où nous nous sommes arrêtés mais c'était aux environs de Châtillon-sur Seine, pas très loin des sources de la Seine après avoir dépassé TROYES dans l'Aube, et au fond d'un "trou"

D'après la reconstitution que j'ai réussi à faire à peu près, c'était une grosse étape d'environ 141 kms sur une journée

Après une descente infernale pendant laquelle je freine de tous mes freins... où j'avale du sable derrière un énorme camion... où j'avale des moucherons par dizaines (oui ok, ce sont des protéines ! MDR) nous arrivons dans une sorte de gîte collectif (accolé à une église... un endroit pour les scouts ?) où nous dormironsi sur des lits de camp genre militaires (décidément) dans un dortoir, pas terrible mais nous sommes jeunes et vaillants n'est ce pas ^^
En plus heureusement que l'unique boutique du village, une charcuterie, était encore ouverte (c'était le propriétaire de la boutique qui avait les clés du gîte) sinon nous aurions dû nous passer de repas pour le soir... Et nous n'avons trouvé aucune boulangerie...

Qui aurait pu s'imaginer qu'à sa source la Seine était à peine une rivière, quasiment un ruisseau ?
Et nous sommes une attraction pour les vaches du coin !

Le réveil le lendemain matin est quand même très difficile, en tout cas pour moi... Les 141 kms de la veille m'ont presque épuisée et j'aurais vraiment aimé pouvoir me reposer une journée... Et en plus nous devons nous contenter d'un peu de café, pas de boutique ouverte et nous n'avons pas de provisions
On se dit qu'on s'arrêtera dans un café sur le trajet pour faire un vrai petit déjeuner

La remontée de la côte est épique : je râle, je peste, je jure qu'on ne m'y reprendra jamais, je suis dans unr souffrance absolue dans l'indifférence totale des mes compagnons de route ! Humpfffff

Je guette à chaque village le café providentiel, j'ai trop besoin de recharger mes batteries internes personnellles
Ah oui mais voilà... à cette époque là dans les campagnes rien n'ouvre avant au moins 9 heures (je ne suis pas sûre que ça ait beaucoup changé depuis, d'autant qu'il y a de moins en moins de petits commerces en campagne...)

Par moment je l'avoue je désespère et il m'est arrivé de verser quelques larmes de souffrance et de fatigue

Enfin après des kms et des kms on trouve UN café qui vient d'ouvrir, hélas à part du café ils n'ont à nous offrir pour tout petit-déjeuner que... des biscottes... NAAAAAAAAAAN ! Mais j'y crois pas ! JE VEUX MON CROISSANT MOI !

Bon enfin cette pause a fait du bien quand même et l'étape du jour est moins longue, j'en viendrai à bout ! Je suis une guerrière ou je ne suis pas une guerrière hein ?!


Le gîte

L'église

TROISIEME ETAPE

Nous sommes donc partis de ce trou dans les environs de Châtillon sur Seine pour aller à Saint-Seine-L'Abbaye (qui se situe aussi au fond d'une vallée... Mais qu'est ce que je suis venue faire dans cette galère ? Comme dirait quelqu'un que je connais depuis : "je ne suis pas venue là pour souffrir hein !" LOL)
Là on doit faire environ 61 kms et finalement ça se fait plutôt bien
De plus nous arrivons dans un hôtel plein de charme qui a été installé dans un ancien relais de poste, qui avait été fréquenté paraît-il par le roi Henri IV, et c'est un relais gastronomique, wouah la classe ! LOL
Bon je ne peux pas vous le montrer car je n'avais pas fait de photo, j'ai acheté des cartes postales et je ne veux pas avoir d'ennuis avec les droits d'auteur, mais je peux vous garantir que c'était cosy, le premier vrai bon hébergement depuis notre départ !

Et : QUATRIEME ETAPE de l'aler de ce périple

Cette étape est la dernière pour cet aller, nous partons de Saint-Seine-L'Abbay pour Beaune, en passant par Dijon où nous ne nous arrêterons pas
60 kms ok, ça vaaaaaaaa !

Il fait un soleil de plomb, je n'ai pas pensé à prendre un vêtement léger avec des manches et moi qui n'ai jamais eu un coup de soleil de ma vie j'en attrape sur les bras, qu'est ce qu'il fait chaud mazette ! Mais nous roulons entre les vignobles, on aperçoit des toits aux tuiles vernissées, la route est belle et sans dénivelés, ouf !

Mon mari a un souci avec son vélo (vu la charge qu'il porte ce vélo ce n'est pas très étonnant) et on doit s'arrêter chez un vendeur-réparateur de bicyclettes à Nuits-Saint-Georges, le gars est sympa et répare ça en un tour de main

Finalement à part ce souci technique le trajet s'est fait facile, on a fait des pauses à l"ombre quand on pouvait et on arrive à l'hôtel réservé en fin d'après-midi, c'est une sorte de petit château tenu par deux dames d'un âge certain... Il y a une grange où nous pouvons ranger les vélos (avec une prise de courant pour la recharge des batteries de mon radio-amateur de mari, la recharge des batteries ça doit causer à certains), l'endroit est joli, ombragé, et l'intérieur a l'air d'être "dans son jus" avec ce que mon mari appellerait "des vieilleries" et moi plutôt "des antiquités"
Nous sommes très près de l'autoroute quasiment toute neuve mais on ne l'entend pas trop, ce n'est pas gênant

Par contre mauvaise surprise, les propriétaires nous disent qu'elles ne peuvent pas nous servir de repas du soir parce que nous ne l'avions pas réservé ! Mais quoi ?
Enfin on ne peut pas trop leur en vouloir, elles sont assez âgées et préparent les repas en grande partie à partir des produits de leur jardin... je dirais "des repas de vieux" constitués de soupes et autres nourritures pas assez solides pour des cyclotouristes de 30 et 18 ans qui viennent quand même de parcourir une soixantaine de kms en faisant juste un pique-nique rapide sur le pouce à l'heure du déjeuner...

Nous prenons le temps de déposer nos affaires, de nous poser un peu et de fêter notre arrivée avec un kir (*), je crois le meilleur que j'ai jamais bu !

(*) Alors là il faut que je vous explique un truc, oui concernant le kir je suis extrêmement chauvine même si c'est mon mari qui est dijonnais (hé, j'avais une grand-mère bourguignonne moi mais de Saône et Loire)
Donc revenons au kir, le VRAI kir
Il a été "inventé" par le Chanoine Kir qui a été maire de Dijon pendant 22 ans et a donné son nom à cet apéritif dont il a eu l'idée car il voulait promouvoir les produits de sa région : la crème de cassis (j'insiste, pas du sirop surtout) et le bourgogne aligoté, un vin blanc
Le VRAI kir ne se fait qu'avec ces deux ingrédients ! Si on vous dit le contraire, on vous ment !
Il est traditionnellement servi avec des gougères, petits choux salés au fromage (que je sais très bien faire depuis le temps ^^)

L'hôtel "Le Château de Challanges" a changé de propriétaires depuis longtemps mais il existe toujours
A l"époque il n'y avait pas de piscine et nous ne pourrions certainement plus nous permettre d'y réserver un chambre aujourd'hui...

Bref... nous étions affamés et nous avons repris les vélos pour aller dans les faubourgs de Beaune, nous avons trouvé dans une petite rue un café qui faisait aussi restaurant le midi, mais ils ont accepté de nous confectionner des sandwiches... De la taille de mon avant-bras ! Waouh !
Nous y sommes retournés plusieurs fois, puis quelques années plus tard et les propriétaires étaient devenus des amis à la longue

Nous voilà donc à Beaune, nous allons bien évidemment aller voir les incontournables Hospices de Beaune, superbes (mais après les avoir visités cinq fois au cours des années ayant suivi, à chaque invitation de quelqu'un de la famille, j'ai été en overdose ! LOL)

Il y a aussi un parc très agréable dénommé "le Parc de la Bouzaize" du nom de la petite rivière qui aliment le lac de ce parc

Nous avons rendu visite dans les environs à une cousine de mon mari qui habitait là à l'époque et que je ne connaissais pas, elle m'a accueillie comme si on s'était quittées la veille comme de grandes amies, c'était super sympa

Nous nous sommes un peu baladés dans le coin, en ville, dans les vignobles, je n'ai pas fait trop de photos (hé, ça coutait cher le développement des photos, vous n'avez pas connu ça vous qui êtes de la génération "smartphone" "Iphone" et autres) et avec le coût des hôtels et des restaus on faisait quand même attention


Mon vélo (bah il s'appelait juste : vélo ! Je n'ai jamais pensé à lui donner un petit nom) et moi dans le pard de la Bouzaize

 


Un lama pas trop aimable,
il y avait quelques animaux dans ce parc mais très peu ce qui n'es pas plus mal, maintenant il y a juste une ferme pédagogique

Le côté du parc où il y a l'île aux cygnes

Les canards sont partout et de ce côté il y a (avait ?) une volière

Mon mari qui faisait l'idiot avec le chapeau de paille de sa cousine LOL

Là c'est à l'arrière des Hospices de Beaune
(je ne sais même plus pourquoi j'ai pris cette photo...)
Les quelques jours à Beaune ont passé vite et agréablement et il a fallu penser au retour par un circuit différent de celui de l'aller

CINQUIEME ETAPE

Nous partons de Beaune pour aller à Montbard, toujours en Côte d'Or, où nous devons rester deux jours et là c'est du sérieux, ça commence vite à pas mal grimper et le trajet fait 95 kms sur une journée... Curieusement ce n'est pas l'étape qui m'a laissé le souvenir le plus marquant au niveau du trajet, c'est surtout à l'arrivée que ça s'est gâté

J'avais donc réservé un hôtel et lorsque nous arrivons nous sommes accueillis par des mines renfrognées et j'entends au fond de la salle une voix dire en parlant de nous, on ne pouvait pas s'y tromper "ah en voilà déjà !"
Mais what ? Attendez, ça veut dire quoi ça ?
En plus l'établissement ne paie pas de mine, c'est moche, les chambres sont horribles et les lits inconfortables, mais pour ce soir là pas le choix... Sauf que dès le lendemain matin je me mets en quête d'un autre hôtel et là j"en trouve un super dans une bâtisse ancienne très bien entretenue, poutres apparentes, cheminée monumentale (bon on n'en a pas besoin on est en plein été mais c'est beau) etc... Nous sommes quasiment les seuls clients et les propriétaires sont absolument charmants, ils font aussi restaurant et j'y ai mangé le meilleur coq au vin de ma vie ! Quel changement
Les autres hôteliers ont bien essayé de nous retenir quand ils se sont rendus compte de leur bévue mais trop tard, faut pas me cherche hein !
Et entretemps on a compris pourquoi ils réagissaient comme ça, ils attendaient toute une "congrétation" de cyclistes canadiens, mais si ça ne leur plaisait pas ils n'avaient qu'à pas accepter, nan mais !

Nous profitons de ces deux jours pour aller voir la Tour Buffon et visiter un peu le coeur de la ville, j'ai regretté de ne pas pouvoir aller aux Forges de Buffon mais j'étais trop fatiguée pour reprendre le vélo et faire l'aller-retour

Je croyais avoir une ou deux photos de la Tour Buffon mais non... Ou alors mes photos n'étaient pas exploitables...


Quelque part dans Montbard

Toujours Montbard, hélas le musée était fermé

SIXIEME ETAPE

Cette étape là, je ne risque vraiment pas de l'oublier !
Nous partons de Montbard pour rejoindre Sens dans l'Yonne, c'est quasiment de la "montagne", des montées, des descentes, des montées, des descentes... Tout ça sur 132 kms (enfin 132 kms, c'est à voir...)
Le trajet se passe bien jusqu'à la coupure de midi pour le déjeuner, pas de restau, on pique-nique au bord de l'eau dans la ville de Saint-Florentin (toute en montées et en descentes elle aussi)

Il fait beau et chaud, les hommes décident de faire une sieste

Nous avons besoin d'un peu de cash et dites-vous qu'à cette époque il n'y avait pas encore beaucoup sinon pas du tout de distributeurs automatiques et que nous n'avions pas de carte bleue non plus... Donc c'est moi qui m'y colle et on convient d'un point de rendez-vous pour repartir
Le temps que je monte à l'agence bancaire, que les guichetiers tapent la causette avec tous les gens du quartier qui ont l'air de s'être donné rendez-vous là justement à cette heure là ce jour là et je redescends une heure après au point de rencontre déterminé
Et j'attends...
J'attends..
J'attends...
Enfin au bout d'une heure je me dis "ok ils sont partis sans m'attendre" Pfffffff
J'ai quand même un doute et j'avise une brave dame qui désherbe son jardin, je lui demande si elle n'aurait pas vu passer un vélo avec des antennes dessus, et elle me dit : "mais ma pôv dame ça fait bien une heure qu'ils sont passés...

Bon ok me voilà livrée à moi-même dans la partie la plus compliqué du voyage : en pleine forêt de sapins sur des kilomètres avec des montées, des descentes, des faux plats... et des automobilistes qui ralentissent à ma hauteur ce qui ne me rassure pas
Je roule, je roule, je roule, je roule... A la fin je suis comme une mécanique, je n'ai plus de cerveau, je ne suis plus qu'une machine à pédaler sur ce maudit vélo, je ne sais vraiment pas où je vais chercher la force de continuer et pourtant je continue, j'ai mal au dos, aux jambes, aux mains, je sens l'épuisement me gagner lorsque je vois une première pancarte : Sens 12 kms
Yo ! Plus que 12 kms et je suis sauvée

Sauf que... 5 kms plus loin je vois une pancarte : Sens 12 kms... Heu what ?

Je fais encore quelques kms et je vois une nouvelle pancarte : Sesn 12 kms... Si c'est une blague elle est pas drôle ! Ou je suis passée dans une dimension parallèle...

Je puise vraiment au fond du fond des dernières parcelles de force qui me restent et enfin ô miracle j'aperçois la flèche de la cathédrale de Sens (superbe en passant) et je réussis à trouver l'hôtel je ne sais même pas comment... Mes deux zigottos sont déjà attablés au restau, les bougres ! Le remps de poser mon vélo et de me rafraîchir un peu et je m'asseois enfin devant une assiette fumante (de soupe ? Je ne sais même plus) mais j'ai à peine le temps de m'asseoir qu'on m'appelle... Coup de téléphone pour moi, c'est ma mère et là... je me fais engueuler, incendier sans avoir le temps d'en placer une !
Et pourquoi ça allez vous me dire ? Eh bien parce que mes deux zigomars ne me voyant pas arriver, ayant croisé sur leur trajet nombre de voitures de pompier et d'ambulances se sont fait des films et n'ont rien trouvé de mieux à faire qu'appeler ma mère pour savoir si elle avait des nouvelles ! J'Y CROIS PAS ! Et comment j'aurais fait ?! Je vous rappelle que les téléphones portables étaient encore à l'état d'ébauches et que de plus sur le trajet il n'y avait RIEN, pas un village, pas un hameau, pas une maison !
Bref après m'être expliquée avec ma mère je me suis expliquée brièvement avec les deux hurluberlus qui n'avaient plus qu'à bien se tenir !
Et je peux vous dire que j'ai dormi comme une souche après tout ça, l'hôtel aurait pu s'écrouler je n'aurais rien entendu

SEPTIEME ETAPE

Malgré toutes ces péripéties, le lendemain je me sens beaucoup mieux, un solide petit déjeuner finit de me remettre complètement d'aplomb pour une étape de 90 kms, mais sur du plat cette fois et par des petites routes plutot sympas, ombragées, il n'y a pas trop de circulation non plus, tout va bien

Nous allons de Sens dans l'Yonne à Brie-Comte-Robert en Seine et Marne, c'est l'avant dernière étape et il ne s'y passe rien de particulier, mes compagnons de route sont toutefois un peu plus attentifs à ne pas me semer en route LOL

Nous arrivons à Brie-Comte-Robert (pour les plus d'un certain âge vous vous souvenez peut-être du nom de cette ville car je ne sais plus qui avait fait une parodie de Dallas et son univers impitoyable, mais à Brie-Comte-Robert) et là... la dame chez qui nous avions réservé deux chambres nous dit : "mais je croyais que vous ne vouliez qu'une chambre"... Ah non hein ! Pas encore de problème d'hébergement !
Mais cette dame est adorable et donne la chambre de son fils qui est absent à notre jeune ami, ouf !

HUITIEME ETAPE


C'est la plus courte de tout le trajet, Brie-Comte-Robert jusqu'à nos domiciles respectifs (notre jeune ami est le fils de nos voisins) : 38 kms par des petites routes, un jeu d'enfant !

Sauf que bien sûr rien ne se passe jamais tout à fait comme prévu et quelques kilomètres avant d'arriver, un rayon du vélo de mon mari casse net... Obligé de décharger tout le vélo de son barda pour la réparation... Heureusement il a tout ce qu'il faut

Nous arrivons en fin de matinée, contents et fiers de notre périple... Pour ma part à chaud je pense "ah non plus jamais ça !" mais quelques temps après je propose à mon mari : "et si on s'organisait pour faire un tour de l'Europe à vélo ?"... Il ne dit ni oui ni non... ce serait un projet à long terme et là pas question de laisser notre fille (que je récupère aussi très vite après notre retour)

Mais ce projet ne verra jamais le jour parce que notre deuxième fille arrive et que nous aménageons notre maison...
Nous retournerons en Bourgogne deux ans plus tard mais... en 4L avec les vélos sur le toit mais ça c'est une toute autre histoire

LA CARTE DU TRAJET

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