UN SEJOUR A LA CAMPAGNE...

2010... Voilà maintenant 18 ans que nous avons commis la folie de faire l'acquisition d'une "maison de campagne" en Bourgogne... Bien que nous soyions déjà propriétaires au bout de vingt années de crédit et à la sueur de nos fronts d'un petit pavillon de banlieue francilienne modeste mais suffisant pour notre, enfin pour mon confort

La maison de campagne un rêve ? Oh non : un piège !

Ok, ok, au début malgré tous les nettoyages à faire (une tonne de vieux trucs et de vieux machinset de débris en tous genres à mettre à la benne), des plafonds jaunis par la fumée des poeles à bois qui ont été bazardés, quelques travaux de peinture et pose d'un nouveau revêtement de sol, c'était tout beau tout nouveau et je me berçais d'illusions : les enfants pourraient y venir en vacances... Quand les petits-enfants apparaîtraient ils pourraient y séjourner avec nous...J'allais planter, semer, et surtout récolter toutes sortes de fruits, fleurs et légumes... Nous pourrions aller y vivre notre retraite au calme de la campagne...
Mais car bien sûr il y a un mais.... Et même plusieurs...

... Primo : c'est un peu trop loin (400 kms environ de trajet) pour pouvoir nous y rendre toutes les fins de semaine ! Donc... Nous y allons depuis que nous sommes retraités un mois au printemps et environ deux mois l'été avec une coupure entre les deux (pffff, pratique ça pour le jardinage !)


Vue partielle de la maison

 


Les lauriers ont gelé partout cet hiver
Il repartira du pied mais il faudra 3 ans
pour qu'il redevienne correct

Secundo... C'est inhabitable en hiver et pas très glorieux au printemps quand il fait froid : pas de chauffage central, un compteur électrique à minima qui ne me permet pas d'avoir un lave-linge - donc laverie automatique obligatoire et du linge à rapporter à laver quand on repart - Et lorsque nous devons utiliser les convecteurs électriques pour nous chauffer, pas question d'allumer le mini-four ou le sèche-cheveux... Même zhom doit débrancher un des radiateurs pour pouvoir se raser !
Le petit chauffe-eau pour l'évier (qui nous sert aussi de lavabo) et la douche (bah voui, on ne tire pas l'eau du puits et on a une douche et les toilettes à l'intérieur de la maison, pas de "tinette" à l'extérieur, quand même !) enfin le chauffe-eau disais-je a des caprices de star et il faut savoir l'apprivoiser, surtout après un hiver passé au froid et à l'humidité...
Et bien sûr en général la bouteille de gaz tombe en rade juste au moment où on a les cheveux pleins de shampoing...
Eh oui ! Pas de gaz de ville non plus, je dois jongler avec un réchaud de camping et un mini-four pour la cuisine (avec une bouteille de gaz qui tombe en rade aussi quand on a besoin de cuire quelque chose sur le réchaud évidemment !)

Les enfants ? Elles ont dû en souper de la campagne car elles ne se précipitent pas pour y venir... Quant à y avoir les petits-enfants à nos côtés une partie de l'été, eh bien je crois que définitivement ce sera seulement dans mes rêves...

De plus il faut entretenir le terrain, la partie habitation (où on nous a signifié par un courrier manuscrit que nous étions dans "l'illégalité" en ce qui concernait l'assainissement...! Comme probablement plus des trois-quarts des maisons du village, nos toilettes se déversent dans un puisard... Mais personne ne nous a proposé de financer les travaux nécessaire...)
Il faut surveiller aussi les granges, les toitures...

Tertio... Avec tout cela impossible d'envisager de passer quelques jours de vacances ailleurs que là d'autant que Monsieur est du genre casanier


Les bambous aussi ont souffert
mais ils se reprennent plus vite

Quarto... Aspect non négligeable : financièrement tout cela est un gouffre qui engloutit allègrement une bonne partie de notre budget alors que nous aurions encore tant à faire dans la "maison de ville" qui a vieilli et aurait besoin d'un gros rafraichissement dehors comme dedans

Passer notre retraite à la campagne ? Une belle utopie ! C'est loin de tout : le premier village où on trouve des commerces est à 6 kms mais dans le notre il n'y a RIEN (même le téléphone portable ne passe pas, sur notre terrain...)

Pour rendre cet endroit habitable toute l'année il faudrait tout refaire à l'intérieur : traiter contre l'humidité (il n'y a pas de vide sanitaire sous les bâtiments qui ont été construits entre la fin du 19ème siècle et le milieu du 20ème), circuit d'eau, circuit et branchements électriques, installation d'une salle d'eau, faire enlever les faux-plafonds qui ont été ni faits ni à faire par les précédents occupants, faire un plancher au grenier et isoler pour y installer des chambres et refaire un véritable escalier au lieu de l'espèce d'échelle de meunier qui y mène et qui m'est devenue inaccessible même si elle est d'une solidité à toute épreuve, réagréage des murs dont aucun n'est droit, etc

Je ne conseille à personne de commettre la même erreur que moi !

Cela étant posé, j'aime cette région et l'été je me plais assez quand même dans cette maison (sauf que je n'y ai pas ma connexion Internet et ça c'est le pire !) et si j'ai renoncé à effectuer des travaux à l'intérieur, je persiste et signe à marquer mon empreinte sur l'extérieur
Bon an mal an, j'ai réussi à faire pousser un certain nombre de choses et l'expérience aidant je ne désespère pas de récolter enfin un jour fruits et légumes ! L'espoir fait vivre ^-^

Bien sûr si je pouvais à ce jour choisir un autre mode de vie, au lieu de m'échiner à essayer de faire pousser quelque chose autant dans notre jardin francilien que dans celui de la campagne, je préférerais carrément échanger tout cela contre une petite maison munie de tout le confort voulu dans une sympathique petite ville de province ! Mais je ne suis pas seule à décider... Donc je continue à jardiner comme je peux en faisant appel à toute mon imagination ou à l'aide d'autres jardinier pour trouver des solutions à chaque problème qui se pose, et certaines sont assez amusantes


La "gentlewoman farmer" (sic) en plein effort !
J'assure, non ?! ^-^

Après le potager dans une bande de terrain sous mes fils à linge (drôle d'idée !), le potager en pots (désséché par un mois sans eau), cette année j'ai décidé de faire un potager en pleine terre, forte des conseils de notre voisin qui en a un magnifique et immense - mais lui il y vient au moins trois jours par semaines pour s'en occuper !
Avec la bénédiction de mon zhom j'ai sacrifié un bout de pré, ben la motobêche est à ma mesure mais dur dur quand même !

Quelques jours d'effort plus loin et voilà le résultat (et encore je n'ai pas pris de photo du "toit" que j'ai réalisé pour les tomates, puisqu'il paraît que pour empêcher les maladies il faut un toit, dixit notre voisin), j'ai aussi installé un système d'irrigation à grand renfort de tuyau en plastique et de cônes en céramique, le tout abreuvé par le contenu en eau d'une grande poubelle en plastique que nous avions avant les bacs de tri et qui ne nous servait plus à rien
J'essaie de mettre toutes les chances de mon côté !
En voilà un qui ne semble pas se plaindre de son nouvel environnement, de plus haut on voit mieux !

Et comme il fallait trouver une solution pour que Môssieur Wistity, qui n'aime pas se laisser prendre dans les bras, puisse aller de la maison à son enclos sans possibilité d'évasion, j'ai trouvé ce système de "passage à niveau" !

Légèrement compliqué pour le passage des voitures mais on l'aime notre petit lapin et il nous le rend bien alors... Et puis ça amuse nos amis et la petite grand-mère qui habite devant chez nous (elle fêtera ses 98 ans cet été et va toujours gratouiller dans son jardin !)

Le terrain nous réserve de curieuses surprises !
Mais je ne rêve pas ? C'est bien une morille ! J'en ai trouvé deux en tout
Cela dit je me suis bien gardée d'y toucher, elles ont poussé au milieu d'écorces de pin que j'ai déversé sur une toile et abondamment aspergées de désherbant l'an dernier car juste sous les fils à linge je voulais faire place nette ! (Voui voui, je sais, ce n'est pas très écologique mais je ne suis pas là en permanence pour arracher les mauvaises herbes)

D'ailleurs voilà l'aspect du pré lorsque nous sommes arrivés, on ne se rend pas bien compte de la hauteur d'herbe mais ça faisait bien une cinquantaine de cms...

Bien sûr pas question de saupoudrer du désherbant sur 1500 m2, là : la faucheuse, débroussailleuse sous les arbres, puis tondeuse, etc Et on recommence !


Cette touffe de myosotis sous les pommier
a été épargnée par la débroussailleuse


D'ailleurs des myosotis il y en avait un peu partout cette année,
voilà unebien jolie surprise

Je crois que ce sont des goldens ?
Si certaines plantes ont souffert de l'hiver les pommiers eux fleurissent toujours autant, hélas la plupart du temps les pommes sont véreuses et pas encore mûres lorsque nous repartons...

Une autre variété de pommes et il faut mieux éviter de rester sous l'arbre lorsque les fruits sont presques mûrs,
ces pommes-ci sont très denses et assez grosses pour assommer quelqu'un !
Mais je n'ai pas passé tout mon temps à travailler dans le jardin, d'autant que si au début du séjour nous avons eu presque quinze jours d'été, ensuite et comme presque partout nous avons eu quinze jours très froids et très humides !
J'en ai profité pour m'organiser une "table-atelier" dans la maison car je ne peux ni ne veux plus travailler dans la dépendance que j'avais aménagée mais où il fait ou trop chaud ou trop froid et de toute façon trop sombre et où l'été j'étais sans cesse importunée par toutes sortes d'insectes...
Voilà le petit lézard (enfin petit, il mesure bien une soixantaine de cms) que j'ai rapporté du midi lorsque je suis allée voir mon frère, en effet j'ai rebaptisé la maison "la lézardière" vu le nombre de ces bestioles qui courent partout l'été, même parfois dans la maison ! Mais ce sont des prédateurs d'insectes alors ils ne me dérangent pas du tout, ça c'est de l'écologie ! ^ v ^
Voilà les cousins bien vivants de mon "lézard-emblème", je suis assez contente de mes photos, pour une fois j'ai réussi à les prendre en gros plan ^-^ C'est que ça court et ça saute à toute allure ces machins là !

Voilà un des petits bonshommes qui accueillaient les visiteurs
Une amoureuse des fleurs et plantes comme moi ne pouvait pas continuer d'ignorer "La Foire aux plantes rares de Bezouotte", c'est un village situé près de Mirebeau-sur-Bèze dans les environs de Dijon (Côte d'or) et cette foire est paraît-il la 3ème en France par son importance, 99 exposants sous le soleil le samedi (jour que j'ai choisi après avoir entendu les prévisions météo) et sous la pluie le dimanche, les pauvres !
Le village pour l'occasion est tout décoré par ses habitants, c'est charmant et très agréable et je me réjouis d'avance d'y retourner l'an prochain en souhaitant que la météo soit un peu plus clémente


C'est tout simple mais il fallait y penser


Amusantes compositions

Une échelle fleurie, bonne idée pour recycler une vielle échelle en bois

On rivalise d'imagination

De plus en plus fort !

Jolie reconstitution d'un moulin à eau

Des enfants déguisés en jardiniers, tablier et chapeau de paille et tirant ou poussant des carrioles décorées de fleurs proposaient leurs services de "taxis-plantes" pour porter les achats encombrants jusqu'aux voitures...

... Pour les choses lourdes des habitants du village (je pense) proposaient un service de brouettes, mais bien que je sois assez encombrée à mon retour j'ai porté tous mes achats toute seule comme une grande !

Ma radio préférée "France Bleu Bourgogne" partenaire de cette manifestation était présente et animait une émission en direct, l'occasion pour moi était trop belle de rencontrer Nicolas le jardinier qui présente une émission sur cette radio le samedi matin et que j'écoute religieusement, d'autant que j'avais une question à lui poser ^-^

Vous verrez le résultat plus loin

Mais je n'ai quasiment pas fait de photos sur la Foire, d'une part il y avait énormément de monde dans les allées (je ne sais plus combien de visiteurs mais je crois bien que le chiffre de 6.000 personnes a été évoqué rien que pour la journée du samedi), ensuite certains stands avaient affiché la fameuse pancarte que les miniaturistes connaissent bien "pas de photo", et enfin et c'est sûrement là la meilleure explication, j'étais bien trop occupée à regarder, à admirer, à humer les plantes, fleurs, arbres, et même un stand où on trouvait toutes sortes d'épices et de thés !

 

J'ai tout de même été assez impressionnée par ces bonsaïs de toute beauté pour vouloir les photographier mais ma photo ne rend pas vaiment justice à ces arbres

Evidemment je ne suis pas revenue les mains vides... Une vraie folie vu mon budget réduit mais me demander de résister dans une Foire aux plantes ? Impossible !


Un poirier "William" pour remplacer le poirier qui donnait des fruits succulents mais qui est bien vieux à présent


Des gentianes dont le bleu m'a éblouie (coucou Cath) et une plante dont je n'arrive plus à me rappeler le nom mais qui donne des petites fleurs rouge orangé en été

Une mini-collection de succulentes (je me suis prise de passion pour ces petites plantes qui ne demandent absolument aucun entretien et quasiment jamais d'arrosage) et puis la jeune fille qui les vendait était aussi charmante que ses plantes étaient belles ce qui était fort plaisant, car elle prenait son temps pour parler aux personnes qui s'arrêtaient sur son stand


Deux pieds de myrtilles
J'avais mis un groseiller à maquereaux l'an dernier mais il n'a pas résisté à l'hiver, j'espère que ceux-ci seront plus rustiques...

 


Et enfin des achillées millefeuille de différents coloris
Celles-là non plus ne demandent aucun entretien, plus on les coupe plus elles s'étendent, et côté non négligeable elles sont comestibles pour le lapin !
Mais il n'ira pas se servir tout seul, il n'a pas accès à cette partie du terrain
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